La France sur le pouce

Une BD numérique
mardi 3 mars 2020
par  Michel Bovani
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Il arrive que je fasse la grimace au gros bouquin plein de lettres posé sur ma table de nuit. Il arrive aussi que je n’aie pas le courage de me relever pour attraper une BD pas encore lue (j’en ai toujours une ou deux d’avance) dans ma bibliothèque. Ou alors aucune de ces BD pas lues ne m’inspire. J’attrape alors mon grand iPad, il n’est jamais bien loin, et je fais un tour sur Apple Book. Je peux ainsi acheter une bande dessinée, à toute heure du jour, mais plutôt de la nuit, et à un prix variable, mais c’est souvent moins cher qu’une « vraie ». J’ai fini par acquérir ainsi une petite collection, il existe même des séries que je ne lis que de cette façon ; dans ce cas, il peut se produire aussi que je finisse par acheter la version papier.

Une de mes dernières acquisitions dans cette catégorie un tantinet virtuelle est un one shot d’Olivier Courtois (scénario) et Phicil (dessin) intitulé la France sur le pouce.

Il s’agit d’un livre de 165 pages écrit sur un mode que l’on pourrait qualifier de « tranches de vie », mâtinées malgré tout de quelques aventures. Bon, le stop, l’inconfort, la bouffe aléatoire, rien de tout cela ne m’emballe vraiment, mais je dois dire que du fond d’un lit bien chaud, ça n’est pas bien grave. Il y a au maximum trois strips par page, et le livre se lit bien sur un grand iPad en mode double page.

Le dessin est au moins agréable et rend assez bien compte des différentes ambiances attachées aux aventures de notre auto-stoppeur (il y a en fait plusieurs petites histoires qui se succèdent au fil des rencontres). Je n’ai pas été capable de dire si c’est un travail traditionnel sur papier ou si une tablette a été utilisée ; le lettrage semble quant à lui fait à la main…

En général, je ne parle pas des livres que je lis pour en dire du mal : je préfère laisser cela aux critiques professionnels (ou amateurs, ça ne manque pas !). Ici, je vais quand même faire part d’un léger agacement. On sait que je suis assez « bagnole »… Mais je peux comprendre qu’un dessinateur ne cherche pas à les dessiner de façon très réaliste, même s’il pratique un tel réalisme pour les lieux et monuments. Disons que c’est un choix graphique : le automobiles sont des volumes avec des roues. Bon, d’accord ! Mais quand même ! Lorsque le scénario parle d’une Audi, on aimerait voir quelque chose d’immédiatement identifiable comme une production d’Ingolstadt ! Parce que là vraiment quand même… Y’a même pas les anneaux :

Bon, après ce « coup de gueule », c’est quand même un vrai moment de plaisir, et par conséquent une lecture recommandée. Au fait, si vous n’avez pas d’iPad, ça existe en vrai papier, c’est chez Dargaud et je viens de me rendre compte que c’est déjà un peu ancien, puisque sorti en 2017.


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